Gestion des ressources

Optimiser la gestion des ressources sur mon territoire

November 2022
Temps de lecture : 10 min

Avez-vous pensé à...

1. Nommer un manager “Energies et Ressources” pour piloter de façon transversale au sein de votre collectivité la politique d’optimisation de la gestion de vos ressources

2. Mettre en place des outils automatisés et dynamique d’alerte et d’information des usagers pour les impliquer de façon proactive dans la gestion des ressources territoriales

3. Expérimenter la mise en œuvre d’un service de flexibilité local d’électricité

4. Proposer aux acteurs de votre territoire de réaliser un audit pour évaluer leur potentiel de flexibilité énergétique

Demandez un diagnostic

Pour les territoires, l’amélioration et l’optimisation de la gestion des ressources portent des enjeux multiples. Le premier est évidemment environnemental : une meilleure gestion des ressources énergétiques et naturelles est un passage obligé pour les collectivités souhaitant réduire leur impact sur l’environnement et les écosystèmes locaux.

Dans un contexte marqué par la hausse continue du coût des énergies (et en particulier des énergies fossiles) et des matières premières, la gestion des ressources des collectivités devient un enjeu crucial pour leurs finances publiques. Leurs factures n’ont en effet pas cessé d’augmenter au cours des dernières années, le surcoût étant déjà évalué à 11 milliard d’euros pour les seules dépenses énergétiques (gaz, électricité, réseaux de chaleur) des collectivités, et ce avant le conflit ukrainien et ses conséquences récentes.

La bonne gestion des ressources représente enfin un enjeu de continuité des services publics locaux. Certaines ressources (eau, matières premières, etc.) sont en effet régulièrement mises sous tension à mesure que le changement climatique et les crises (climatiques, économiques, sociales, etc.) se font sentir. Il appartient donc à la collectivité d’apprendre à anticiper et gérer ces crises et d’y préparer efficacement les usagers et citoyens.

1/ Vers un pilotage intégré et intelligent des consommations du territoire

Comme nous le soulignions déjà dans notre premier guide des territoires intelligents en 2018, l’avènement de l’Internet des objets permet aujourd’hui aux collectivités de mieux piloter leurs consommations en ressources (électricité, gaz, eau, etc.) en s’appuyant sur la mesure intelligente et dynamique des flux sur le territoire grâce à des réseaux de capteurs.

Ces techniques se sont largement diffusées et ont permis de réaliser des économies budgétaires substantielles grâce à des fonctionnalités s’appuyant sur la télérelève des consommations, la détection proactive de fuites, la maintenance prédictive, etc. 

Encore trop souvent, ces démarches sont néanmoins menées en silo, portées par des structures (communes, EPCI, syndicats, etc.) et des directions dont l’action n’est pas coordonnée et qui n’utilisent pas toujours les mêmes outils et solutions, ce qui pose des problèmes d'interopérabilité. 

En réponse à cet enjeu, certaines collectivités comme Montpellier ont pris le parti d’engager un “manager Energie” dont le rôle est de piloter et coordonner de façon transversale les efforts entrepris par tous les services de la collectivité pour réduire les consommations énergétiques. 

L’évaluation du bénéfice des outils de gestion intelligente des ressources ne doit par ailleurs pas se limiter à un calcul purement financier (économies budgétaires réalisées) mais plutôt tendre vers une évaluation complète et holistique du bénéfice socio-économique et environnemental qui en résulte (réduction du bilan carbone, amélioration de la qualité de l’air, protection des écosystèmes locaux, etc.).

2/ Anticiper et prévenir le stress sur les ressources locales

De plus en plus de territoires sont menacés par les sécheresses et la raréfaction des ressources. C’est pourquoi, au-delà d’un pilotage intelligent des ressources au quotidien, il s’agit aujourd’hui pour les collectivités d’être en mesure d’anticiper les crises qui vont mettre sous tensions les ressources du territoire. 

La Métropole Nice Côte d’Azur est par exemple en mesure d’anticiper et prévenir les stress hydriques à partir de modélisations s’appuyant sur les données collectées dans le réseau de distribution d’eau et des données météorologiques extérieures (pluviométrie, températures, hygrométrie des sols, etc.), ce qui lui permet d’ajuster au plus près les seuils maximum de prélèvements d’une commune à l’autre en période de sécheresse. 

D’autres territoires couplent les données collectées sur leurs réseaux de distribution d’eau avec des outils numériques de gestion de la relation usagers. En Rhône-Alpes, le Syndicat intercommunal des eaux de la Brévenne (SIEB) a par exemple investi dans un important dispositif de communication (automate d’appels, alertes par SMS et mails, etc.) permettant d’informer de façon ciblée les usagers sur le niveau de stress hydrique de leur localité et sur les mesures à prendre pour limiter l’utilisation des ressources en eau. 

3/ Développer la flexibilité énergétique des territoires et leurs acteurs

La question de la gestion des ressources des territoires se pose aussi en termes de flexibilité. L’enjeu est de parvenir à mieux gérer les pics et les creux de consommation, en particulier en ce qui concerne les énergies qui ne sont peu ou pas stockables, en tête desquelles l’électricité. A ce titre, il est possible depuis 2015 (et jusqu’en 2023) pour les collectivités et syndicats qui le souhaitent d'expérimenter des services de flexibilité locaux sur des portions du réseau public de distribution d’électricité dans le but d’optimiser localement la gestion des flux d’électricité. La flexibilité des réseaux d’énergie est en effet une condition sine qua non pour encourager le développement des énergies renouvelables sur le territoire qui pour beaucoup (photovoltaïque, éolien, etc.) pose des questions en termes de disponibilité. 

Le fonctionnement de la flexibilité énergétique

Le concept de flexibilité énergétique suppose que les usagers du réseau soient en capacité d’ajuster à la hausse ou d’effacer leur consommation en fonction d’un signal tarifaire ou sur la demande explicite du gestionnaire de réseau. Les sources de flexibilité sur un réseau de distribution sont nombreuses et peuvent couvrir toutes sortes de technologies, notamment liées au stockage (véhicules électriques, ballons d’eau chaude, stockage hydrogène etc.). C’est pourquoi un audit du territoire est indispensable pour repérer ces “gisements” de flexibilité, ce qui permettra de mesurer le potentiel d’effacement des unités de consommation qui existe sur un territoire. 

Aujourd’hui, la flexibilité énergétique est surtout l’apanage du secteur industriel dont la masse critique des unités de production leur permet d’agir de façon significative sur la consommation globale d’un réseau. L’enjeu se pose donc au niveau des “petites puissances” d’un territoire (bâtiments publics, équipements municipaux, immeubles d’habitation, etc.) pour lesquels il est encore nécessaire d’agréger les potentiels de flexibilité afin d’atteindre une masse critique suffisante dont on pourra ajuster les consommations en fonction des besoins sur le réseau. Pour y parvenir, les collectivités et leurs syndicats d’énergie ont un rôle central à jouer pour porter, coordonner et mutualiser cet effort à l’échelle de tous les acteurs d’un territoire

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