Lutte contre la fracture numérique

Lutter contre la fracture numérique

November 2022
Temps de lecture : 10 min

Avez-vous pensé à...

1. Vérifier avant tout lancement de nouveau service numérique qu’il était aussi accessible que possible aux publics les plus éloignés du numérique

2. Inclure dans le plan de formation des agents des modules d’acculturation au numérique

3. Développer des structures transgénérationnelles dédiées à l’apprentissage des communs numériques

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Au fur et à mesure que le numérique prend de plus en plus de place dans notre vie quotidienne et au sein du service public, la question de la fracture numérique se pose de façon de plus en plus prégnante pour les collectivités territoriales. Mais alors qu’il y a quelques années, avec le sujet du déploiement des infrastructures numériques dans les territoires, la fracture numérique s’entendait surtout au sens de l’absence d’équipement tel qu’un ordinateur ou d’absence d’une connexion internet correcte au sein d’un foyer, l’orientation que l’on donne désormais au terme a bien changé. Les études ont démontré que la fracture numérique n’était pas causée seulement par l’absence d’équipement ni l’absence d’une connexion adéquate, mais également par l’absence de familiarité, de connaissances et de compétences qui empêche certains individus d’être pleinement en capacité et autonomes dans l’utilisation de l’espace et des outils numériques. Or ce volet humain et social est absolument crucial pour concevoir un territoire résilient et engagé pleinement dans une démarche de développement durable.

1/ La responsabilité des collectivités dans la conception des outils et services numérique

Les premiers pas des collectivités territoriales dans le champ numérique ont vu la création de sites internet et la dématérialisation de procédures administratives. L’idée était que l’information était désormais par ce biais plus facilement à la portée des citoyens. Mais en reproduisant la complexité administrative déjà existante et en enlevant la médiation humaine qui était effectuée auparavant par les agents présents physiquement, il est apparu qu’on reproduisait les difficultés d’accès voire qu’on les accentuait pour un public déjà fragile de ce point de vue.

Les outils et services numériques ont continué de se développer, on est passés des sites internets aux applications mobiles, de la dématérialisation de documents à des procédures pleinement numériques, mais le problème de l’accessibilité à ceux-ci n’a fait que perdurer et croître. Les collectivités sont donc pleinement incitées à penser l’expérience utilisateur (“UX”) dès la conception de tout nouvel outil et même de repenser celle des outils existants, et de mettre au cœur de cette réflexion le sujet de l’accessibilité de tous les types de publics concernés.

Qu’est-ce que l’illectronisme ?

Un adulte sur trois a déjà renoncé à réaliser une tâche administrative sur internet car il ne s’en sentait pas capable. Ce type de situation courante appartient à un phénomène plus global : l’illectronisme, un néologisme né de la contraction des termes « illettrisme » et « électronique », et qui renvoie à la notion de fracture numérique. Il qualifie la difficulté avec laquelle les personnes concernées font face dans leur utilisation des outils et des services numériques.

2/ L’importance de l’acculturation et de la formation : les agents des collectivités sont les premiers citoyens du territoire

Si s’assurer que les outils et services numériques déployés par la collectivité sont accessibles est une condition nécessaire à la réduction de la fracture numérique, il ne dispense évidemment pas du travail d’inclusion numérique à réaliser en direction des citoyens éloignés du numérique. Or il est souvent très utile de rappeler aux collectivités que leurs propres agents sont finalement les premiers citoyens qu’elles peuvent toucher, et plutôt aisément. La collectivité est un employeur de premier plan sur le territoire, ce sont autant de foyers touchés, et les agents sont de surcroît particulièrement intégrés au tissu local comme les associations.

Les collectivités territoriales ont donc tout intérêt à développer des politiques particulièrement ambitieuses en matière d’acculturation et de formation en interne (voir encart), à les intégrer au plan de formation des agents, et à en systématiser les pratiques. Les collectivités peuvent à ce sujet mesurer le degré de maturité des agents avec l’outil public Pix Territoires (lien). Cette politique d’acculturation et de formation aux sujets numériques doit par ailleurs pouvoir s’inscrire dans un parcours, donc dans le temps, et de ce point de vue la ludification est une stratégie particulièrement efficace.

Quelle différence entre acculturation et formation ?

Le numérique est un champ absolument immense composé d’outils et de technologies, et qui possède une culture et une méthode propres. Au sein des collectivités, la plupart des apprentissages à destination des agents sont des formations spécifiques, c’est-à-dire qu’on apprend à utiliser un ou des outils numériques, principalement ceux relatifs au métier exercé naturellement. Mais savoir utiliser Excel ou un logiciel métier par exemple, ne permet pas de s’approprier l’ensemble du champ numérique et de ses possibilités. Pour cela, il faut rentrer dans une démarche d’acculturation, qui permet d’être familier avec les codes, les façons de faire et de devenir ainsi autonome dans sa découverte et son utilisation du numérique.

3/ Aider à créer et s’appuyer sur un écosystème local pour faire monter en maturité l’ensemble d’un territoire sur le numérique

Le numérique n’est pas synonyme de virtuel, il est réel et bien ancré dans la vie de tous les jours. Il peut être un facilitateur s’il est pris comme une opportunité de faire mieux et pas de remplacer, a fortiori s’il s’agit de remplacer de l’humain. Il peut donc également être créateur de liens et d’un écosystème local qui lui est propre.

En ce sens, le numérique a besoin de lieux d’expression et d’échanges pour se développer sur un territoire, des lieux ouverts et animés, qu’on appelle souvent “tiers-lieux”, terme qui regroupe des types de lieux en réalité très différents mais qui partagent un socle commun. Il a également besoin de structures spécifiques travaillant à la médiation et à l’inclusion numériques, et de nombreux acteurs associatifs ou de l’économie sociale et solidaire sont prêts à ouvrir ces lieux dédiés et à mettre en place des programmes au sein des territoires, y compris et surtout ceux de taille moyenne.

Enfin un écosystème local est toujours riche de ses acteurs économiques et associatifs, pour qui le numérique est déjà un sujet majeur, aussi décloisonner l’action publique pour l’ouvrir à eux, est un gage de réussite d’une politique territoriale complète en matière de numérique.

Le numérique est une culture !

La culture numérique s’est développée autour de concepts et de pratiques que l’on retrouve dans les premières communautés numériques et qui ont perduré jusqu’à profondément changer nos sociétés modernes. C’est une culture qui valorise le collaboratif et le participatif, donc une organisation moins verticale et plus horizontale. C’est une culture qui favorise l’ouverture et la transparence, et donc plus globalement le partage. C’est enfin une culture qui incite à l’autonomie et à l’apprentissage constant pour s’adapter à des technologies ou à des besoins qui évoluent sans cesse.

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