Accès aux soins

Faciliter l’accès aux soins et optimiser la politique de santé sur mon territoire

November 2022
Temps de lecture : 10 min

Avez-vous pensé à...

1. Évaluer l’offre de soins et les besoins de la population locale

2. Etudier le potentiel du numérique dans le cadre du contrat local de santé

3. Mettre en place un Groupement Régional d’Appui au Développement de la e-Santé (GRADeS) sur votre territoire

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Un territoire résilient et durable est un territoire dont l’offre de santé est accessible par tous et capable d’absorber les crises et situations de tension sanitaire. Accéléré par la crise sanitaire, l’essor du numérique en santé participe à redéfinir le rôle des collectivités locales dans les domaines de la santé et du médico-social. Si dans les textes, les politiques en matière d’accès aux soins et de santé ne font pas partie de leur champ de compétences direct, les territoires sont en première ligne face aux enjeux de lutte contre les inégalités territoriales d’accès aux soins et les déserts médicaux, de vieillissement de la population et d’amélioration de la qualité de vie des habitants. Les collectivités locales sont donc de plus en plus nombreuses à s’appuyer sur des technologies numériques pour améliorer la résilience territoriale en matière de santé.

1/ La e-santé pour améliorer l’organisation territoriale des parcours de soins

Encouragées par la stratégie nationale « Ma santé 2022 », les structures privées comme publiques sont de plus en plus amenées à travailler ensemble afin de décloisonner le système de santé et lutter contre les déserts médicaux. Ce nouveau modèle d’organisation autour d’un parcours coordonné entre la médecine de ville, l’hôpital, le médico-social et les acteurs de la prévention replace le patient au cœur du soin. A plusieurs égards, les outils numériques peuvent être utiles pour appuyer cette transformation en permettant de :  

- Mieux identifier les ressources médicales et les besoins du territoire grâce aux données sur l’offre de soin et le recours aux soins.

- Faciliter les interactions et le partage sécurisé de données utiles aux prises en charge pluriprofessionnelles permettant ainsi de fluidifier les parcours de soins. 

- Renforcer l’accès aux soins et l’implication des patients dans la prise en charge de leur santé grâce aux nouvelles technologies (objets connectés, domotique, téléconsultations, applications mobiles de suivi médical ou de maintien d’une bonne santé etc.).

- Mieux communiquer auprès des professionnels de santé susceptibles de venir s’installer dans les territoires caractérisés par une offre de soins insuffisante. 

Face à cette nécessité de coordination entre les acteurs d’un même bassin de santé, les intercommunalités sont bien placées pour impulser une dynamique et animer un projet de santé territorial en cohérence avec les départements et les Agences Régionales de Santé (ARS). La ville de Châteauroux a par exemple mis en place un Conseil d’Organisation de la Santé réunissant différents acteurs qui travaillent sur la question afin de définir ensemble des actions pour améliorer l’accès aux soins. Les collectivités peuvent également avoir un rôle de facilitateur des projets de professionnels, de relais d’information et de communication et d’appui en ingénierie.

2/ La télémédecine, une solution pour faciliter l’accès aux soins 

Si elle ne se substitue pas aux pratiques médicales traditionnelles, la télémédecine promet de faciliter l’accès de la population à des soins de proximité. Celle-ci regroupe des solutions 100% numérique permettant au patient de consulter un praticien depuis son domicile via un ordinateur ou un téléphone et des solutions « phygitales » (bornes et cabines de télémédecine) pour consulter près de chez soi par exemple depuis une pharmacie. Alors que 30% de la population française réside dans un désert médical, la télémédecine représente un avantage non négligeable dans les zones où les professionnels de santé sont peu nombreux voire absents. 

Par ailleurs, consulter à distance est un moyen d’éviter les déplacements souvent longs et parfois non nécessaires (par exemple dans le cadre d’un suivi de la prise en charge des maladies chroniques ou d’un renouvellement d’ordonnance) sur des créneaux horaires plus larges. En permettant d’obtenir rapidement un rendez-vous auprès d’un médecin, la télémédecine peut participer au désengorgement des urgences de plus en plus amenées à prendre en charge des demandes de soins non programmés (concernant en particulier les maladies chroniques, les personnes âgées…) qui pourraient être pris en charge par d’autres structures et/ou professionnels. 

Face à ces enjeux, les collectivités sont de plus en plus nombreuses à miser sur le numérique comme un outil de compensation du manque de médecins traitants mais aussi comme un outil pour faciliter la rencontre entre l’offre et la demande de soins. A Montfaucon (Gard), la commune a mis à disposition d’un infirmier libéral, un local et une borne de télémédecine. En seulement trois mois, 80% des habitants de la commune ont été examinés via celle-ci. L’enquête d’Harris Interactive confirme l’accueil de plus en plus favorable des citoyens avec 68% des répondants se déclarant favorables au développement de la téléconsultation en 2020.

3/ Les nouvelles technologies face au défi du vieillissement de la population 

Les dispositifs numériques peuvent également être des outils mis au service du bien-vieillir. Le nombre de personnes de 85 ans et plus sera multiplié par 3 d’ici 2050. Le vieillissement de la population va s’accompagner d’une croissance des besoins en soins et d’aide à la personne. Dans les EHPAD, où les patients sont particulièrement vulnérables, les nouvelles technologies permettent d’améliorer la qualité de prise en charge des personnes âgées grâce par exemple à la vidéo assistance, aux objets connectés pour détecter les chutes, à la télésurveillance ou encore aux téléconsultations pour limiter les déplacements des seniors. 

Par ailleurs, la télémédecine est considérée comme un formidable levier pour optimiser l’organisation et la coordination des soins. Elle permet de favoriser une prise en charge pluridisciplinaire avec un plan de soins concerté grâce au partage facilité des dossiers médicaux et des informations entre spécialistes téléconsultés et soignants de l’établissement mais aussi entre praticiens via la téléexpertise. 

En permettant un accompagnement à distance des patients, les technologies peuvent aussi être mises au service du maintien à domicile des personnes âgées. Le Département de la Moselle propose par exemple un bouquet de services via sa plateforme numérique « bien-vieillir à domicile » (annuaire des services et activités au service du bien-vieillir information de prévention, activités créatives) ainsi que des dispositifs numériques (téléassistance appuyée sur des capteurs et objets connectés, domotique) permettant aux seniors de prolonger leur autonomie.

4/ l’IoT pour prévenir et mieux informer sur les risques liés à la santé

Dans un territoire intelligent et durable, les enjeux relatifs à la santé vont au-delà de la médecine et du soin. Les technologies numériques peuvent être mises au service de la production de connaissance, de la prévention et de l’information de la population sur les risques liés à la santé

Si ces initiatives sont encore peu nombreuses en France, les expérimentations portées par les collectivités se multiplient notamment sur la collecte de données sur les nuisances environnementales (qualité de l’air, bruit). La Métropole de Grenoble a par exemple installé trente micro-capteurs de particules fines dans les communes du territoire.

Au-delà d’informer et sensibiliser la population sur l’impact de l’environnement sur la santé, ces dispositifs connectés sont utilisés par les collectivités comme des outils d’aide à la décision et d’évaluation des politiques publiques. Face à une qualité de l’air très mauvaise, la collectivité peut par exemple décider de fermer temporairement des axes routiers pour réduire le taux de particules fines dans l’air. Croisées aux données de santé, ces informations peuvent également être un moyen d’établir des corrélations entre la qualité environnementale et le développement de maladies. Enfin, la digitalisation du secteur médical offre aux territoires intelligents et durables l’opportunité d’améliorer leur résilience en connectant par exemple les systèmes d’alerte mis en place par la ville en cas de canicule ou de pics de pollution à celui des hôpitaux et en envoyant des informations ciblées auprès des patients particulièrement vulnérables.

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